GARDER UNE VIE SEXUELLE

Malgré les modifications physiologiques, le sujet du troisième âge ou même du quatrième âge continue d'éprouver des besoins sexuels.
Le maintien d'une activité sexuelle n'épuise pas l'individu et elle a d'autant plus de chance de se poursuivre jusqu'à l'extrême vieillesse qu'elle a débuté tôt. Le maintien de cette activité aussi bien chez l'homme que chez la femme dissipe l'état dépressif et gomme l'agressivité, réaction de défense le plus souvent contre un état de frustration.
MÉNOPAUSE ET ANDROPAUSE
Chez la femme la ménopause signe la fin des règles, pas celle du désir sexuel. Celui-ci diminue toutefois sensiblement, principalement du fait de ces implications physiques. En effet, à partir de cette période, le vagin devient plus sec, ce qui rend les rapports parfois plus douloureux et a une conséquence directe sur le désir. Mais cela peut facilement être résolu par la prise d'œstrogènes et/ou l'utilisation de lubrifiants.
Chez l'homme, l'andropause fonctionne très différemment puisqu'elle n'est pas marquée par un événement précis, à la différence de la ménopause, mais par une diminution très progressive et lente des capacités sexuelles. Celles-ci persistent cependant encore très longtemps, même si elles sont amoindries.
La fréquence moyenne des rapports sexuels passe de 3,21 par semaine en moyenne dans le groupe des seize-vingt ans, à 1,8 dans celui des cinquante ans et n'est plus que de 0,9 dans celui des soixante-dix ans.
L'aptitude de la femme à l'orgasme se maintient longtemps après la ménopause et certaines femmes n'accèdent même à leur plein épanouissement qu'après la ménopause pour diverses raisons socio-culturelles. Le désir et la satisfaction sexuelle se révèlent donc indépendants de la fonction de procréation.
Il n'y a pas de limite d'âge pour l'exercice de la sexualité. Les limites existent plutôt au niveau du nombre de partenaires disponibles, ce qui conduit souvent les personnes âgées à s'adonner à des pratiques solitaires (masturbation, lecture de livres érotiques...). Il existe également des limites dues au bon fonctionnement de l'organisme.
LES ALTÉRATIONS DE L'ORGANISME
Les affections chroniques capables d'interférer sur la sexualité sont nombreuses et complexes. L'éventail est large allant du diabète à l'alcoolisme, de l'hypertension aux cancers génito-urinaires en passant par les troubles vasculaires de la sphère génitale. - Les effets des maladies coronariennes sur la sexualité sont considérables. 25% des personnes atteintes d'un infarctus du myocarde ne reprennent jamais d'activité sexuelle normale. La moitié redeviennent actifs mais à un rythme nettement inférieur à leur activité antérieure.
Ces difficultés relèvent de différents mécanismes comme une diminution du désir, une impuissance dans 10% des cas, plus rarement des troubles de l'éjaculation. Mais le plus souvent c'est la peur qui retient le patient, peur de la douleur angineuse, d'un nouvel infarctus, d'une mort subite, qui sont pourtant a priori des événements improbables, et peur de ne pas être à la hauteur.
La personne cardiaque doit trouver les conditions de détente les plus favorables au rapport sexuel. Pour que tout se passe bien, il lui est conseillé de prendre son temps, de choisir un moment où elle est reposée et détendue (après une bonne nuit de sommeil), d'éviter de consommer des aliments trop lourds mais aussi de ne pas jeûner inutilement et d'adopter des positions qui ne soient pas fatigantes. - La maladie prostatique inquiète également beaucoup de personnes âgées : la prostate sécrète avec les vésicules séminales l'essentiel du liquide spermatique évacué lors de l'éjaculation. À partir de cinquante ans, la prostate subit dans 20% des cas une dégénérescence fibreuse ou une hypertrophie appelée adénome de la prostate. Cet adénome entraîne la compression de l'urètre (index, Appareil urinaire) qui gêne la miction et, parfois, est la cause de la rétention complète de l'urine dans une vessie surchargée.
L'intervention chirurgicale s'impose (index, Prostatectomie) et la plupart des hommes retrouvent après cette intervention leur puissance sexuelle. Cependant la quantité de liquide séminal diminue et près de 80% des sujets présentent une éjaculation rétrograde dans la vessie qui ne présenterait pas d'inconvénient si elle ne diminuait le plaisir orgasmique, lié en partie au volume éjaculé.
LES MÉCANISMES DE L'ARRÊT
Par définition la vieillesse altère toutes les activités et les fonctions de l'homme, à un rythme différent pour chacun. Certains hommes maintiennent une activité sexuelle toute leur vie, d'autres se résignent à l'abstinence plus ou moins tôt pour différentes raisons, d'autres encore sont contraints à l'arrêt pour raison de maladie. Ce troisième cas devient de plus en plus rare grâce aux progrès de la médecine.
De nombreuses explications et justifications sont avancées par les sujets âgés pour expliquer leur arrêt de vie sexuelle tels que la monotonie et l'ennui des rapports conjugaux, des préoccupations et ambitions d'ordre professionnels, des infirmités physiques et mentales dont l'incidence s'élève après cinquante ans, un excès de nourriture et de boissons alcoolisées...
Cependant il apparaît que c'est avant tout la peur de l'échec qui motive cet abandon. Une « panne sexuelle » peut être très mal vécue et, plutôt que de risquer un nouvel échec, l'homme préfère purement et simplement s'abstenir. D'autre part, la société renvoie au sujet âgé une image de lui-même qui n'est plus sexuée : celui-ci risque de se sentir coupable et par conséquence réprime son désir.
BON À SAVOIR
Chez le sujet âgé, l'érection peut mettre plus de temps à se manifester, mais elle a également tendance à durer plus longtemps.
L'homme âgé peut être tenté d'interrompre sa vie sexuelle. Les causes de renoncement relèvent plus de mécanismes psychologiques et socioculturels que de causes organiques.
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